La poisse et la débine de père en fils, comme une fatalité.
Il en avait ras-le-bol. Ras-le-bol de rentrer chez lui le soir après le boulot pour se retrouver coincé entre quatre murs crasseux à ressasser sans cesse les mêmes choses, du patron castrateur aux passants incivilisés et autres voisins pompe l'air. Ras-le-bol aussi du larfeuille qui se vide plus vite qu'il ne se remplit. D'attendre, toujours, pour tout, sans raison. De devoir justifier ses moindres faits et gestes. Ras-le-bol surtout de l'existence pourrie qu'il avait tirée à la loterie de la vie. Ras-le-bol d'en avoir marre. Ces derniers jours lui avaient donné de quoi s'occuper, de quoi se changer les idées et trouver quelque réconfort dans tout ce merdier. Mais tout a une fin. Il la sentait approcher, il voyait le bout du chemin, la sortie, enfin. Elle arrivait à toute berzingue et il allait bientôt être délivré du sac de noeuds qui pesait lourdement sur son paletot.
Tel père, tel fils. La mort violente du premier en miroir de l'assassinat du second. Si les raisons sont différentes, les ressorts sont les mêmes : misère et connerie, un héritage inévitable.